médias :: Juin 2008

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Pourquoi la presse va mal ?

Pourquoi la presse va mal ?
Dans la dernière émission d'Arlette Chabot, notre premier ministre François Fillon est revenu sur - selon lui - les deux problèmes majeurs de la presse : son financement et sa distribution. Avant de se poser la question sur le financement et la distribution, il serait légitime de se poser la question sur le contenu. Parce qu'on a beau accuser Internet et trouver des centaines de raisons au malaise de la presse papier, cela ne changera rien. C'est la presse elle-même qui doit se remettre en question. Par souci d'économie, on fait appel à des étudiants qui veulent se faire un peu d'argent de poche ou à des personnes qui n'ont jamais eu de formation journalistique. Et après on s'étonne de l'érosion du lectorat, de la baisse de la qualité... Mais de qui se moque-t-on ?
La presse écrite traverse une grande crise de crédibilité. Les journalistes sont tous soupçonnés de n'écrire "que des conneries" (sic). Et aujourd'hui il n'est pas rare qu'une entreprise demande à relire l'article avant parution. Des pratiques absolument scandaleuses et contraire à l'éthique journalistique. Pourtant, lorsque vous montez sur vos grands chevaux au nom de la liberté de la presse, on vous répond stoïquement que c'est "par souci de véridicité et qu'il y a souvent des erreurs dans les articles". Alors, il est temps de se remettre en cause et de dresser un cahier des charges "Qualité" afin d'offrir aux lecteurs une presse qui leur ressemble, qui les informe et surtout dans laquelle ils ont confiance...

Publié le 12-06-2008

Yann a écrit le 01-11-2008 02:33:00
C'est en effet d'abord et avant tout un problème de contenu, de crédibilité, d'éthique journalistique . Et je ne pense pas que les formations journalistiques soient garantes de quoi que ce soit. J'ai fait une de ces écoles et je pense vraiment avoir perdu mon temps.
Kysban a écrit le 05-08-2008 11:36:00
Tout dépend de quelle presse parle-t-on. Etant un (très) gros consommateur de presse spécialisée magazine (informatique, jeux vidéo, musique, hitech, cinéma,scientifique), il est vraiment très fréquent qu'un article soit de bien meilleure qualité s'il est écrit par un passionné non diplômé en journalisme que par un journaliste diplômé qui prétend pompeusement "bien connaître son métier". Et c'est aussi en cela qu'il peut être légitime d'accuser Internet. Car le fait est que l'information est globalement beaucoup plus fiable sur la toile que dans les magazines. A force de vouloir vulgariser des sujets pointus (ce qui arrange bien les journalistes diplômés qui ne savent réellement - en profondeur - rien sur rien sauf rares exceptions), on retrouve en kiosque des dossiers approximatifs, remplis de contre vérités ou de conclusions hâtives, horripilant pour les passionnés du sujet en question. Mon opinion est que la presse spécialisée doit rester une presse faite par des passionnés pour des passionnés. Mais pour ce qui est de la rubrique des faits divers du Parisien ou du dossier sur l'inauguration d'un nouveau monument en mort dans le Dauphiné Libéré, laissons la place à ce grand sage, le "journaliste diplômé".
arnaud a écrit le 12-06-2008 11:20:00
Entièrement d'accord avec toi. Pour vendre un produit, il faut avant tout qu'il soit bon et qu'ensuite ils répondent à une attente. Pour repenser la presse, il faut d'abord avoir l'ouverture d'esprit de se dire que l'on peut faire mieux, différent et surtout plus qualitatif. Il faut que la presse se dégage de l'obligation d'instantanéité de l'info. Les internautes peuvent le faire. Les journalistes doivent nous apporter les éclairages nécessaires pour mieux comprendre les enjeux et les faits. La presse doit nous apporter des informations moins nombreuses et plus qualitatives. La qualité de l'information se paye. Pas sa quantité.
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