La Gazette Nord Pas-de-Calais :: Mai 2006

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Innotex à Roubaix

Pérenniser le projet dans l’avenir

Véritable pilote du projet, Innotex est un outil de travail dont l’ambition est de favoriser le développement de la filière textile, habillement et distribution. L’idée est née en 1998 de la volonté des acteurs régionaux de créer un centre de ressources pour l’innovation textile. Parmi ses activités : la création du Faubourg/Quartier des modes à Lille et Roubaix.

Pérenniser le projet dans l’avenir
« Notre objectif est de détecter les nouveaux talents qui s’installeront à terme dans les boutiques-ateliers de Lille sud ou Roubaix. Pour cela nous accompagnons les jeunes créateurs, de l’incubateur jusqu’à l’installation en boutique nous les suivons quelque temps » explique Vincent Blanquart, directeur de la structure. Pour pouvoir pérenniser le projet dans l’avenir, Innotex sait qu’elle doit mettre la barre assez haut. « Bien sûr, nous ne serons pas en soutien perpétuel. Mais, nous accompagnons le jeune créateur pendant au moins trois ans. Avec un bilan à mi-parcours. Si le bilan n’est pas concluant, il est évident que nous serons obligés de revoir notre jugement. Je vous rappelle que nous avons tout de même une vocation économique à la base ! ». En clair, ceux qui ne pourront pas tenir le choc fermeront boutique. « Nous le savons. Cela fait aussi partie de ce projet. Il y a une sorte de sélection naturelle qui se fait toute seule. Ce n’est pas pour autant que nous laisserons complètement tomber les jeunes créateurs. Nous avons assez de contacts dans le monde du textile pour pouvoir ensuite les réorienter ». Les créateurs le savent. Ils connaissent les règles du jeu même s’ils ne sont pas toujours à même de les assumer. « Par exemple, après un an en boutique, les Siamoises commencent à bien vendre leurs produits. On est sur un chiffre d’affaires correct qui ne leur permet pas encore de se rémunérer mais qui est très prometteur. En passant au stade supérieur, elles pourront enfin envisager d’en vivre. Nous sommes là pour les aider à lever des fonds afin de financer la production de leurs produits et à développer plusieurs points de vente ».

Test en boutique

Généralement, les premiers tests pour Innotex et les créateurs ont lieu en boutique multimarques. C’est là que l’équipe d’accompagnement voit si les produits se vendent ou pas. Les Marchés des modes organisés quatre fois dans l’année à Lille et à Roubaix permettent aussi aux jeunes créateurs et à l’équipe d’Innotex de se rendre compte de la viabilité du projet. « En général, un marché des modes rapporte entre 1500 et 3000 euros à chaque créateur. Cela leur permet d’avoir des entrées régulières d’argent. Qu’on soit bien d’accord : notre but est vraiment de permettre à ces nouveaux talents de se lancer et de pérenniser leur entreprise. Nous ne voulons pas en faire des assistés ! » D’ailleurs, à terme, l’objectif est que les jeunes créateurs puissent rembourser leurs créanciers. « Ce ne sont pas des artistes ! Ce sont des gens qui doivent être conscients des réalités économiques et des lois du marché. Pour les aider dans leurs démarches, nous recherchons des gestionnaires de mode qui pourraient travailler avec eux, en binôme, afin de développer leurs entreprises ». Enfin, pour pouvoir continuer à accompagner ces jeunes talents, Innotex recherche des partenaires financiers qui seraient intéressés d’investir des capitaux ou de prendre des actions chez les créateurs…

Publié le 04-05-2006

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