La Gazette Nord Pas-de-Calais :: Août 2006

Envoyer à un ami

Economie sociale et solidaire à Wambrechies

Laissez parler les petits papiers

Vous connaissiez la célèbre « Lettre à Elise ». Désormais, il faudra compter sur les corbeilles d’ELISE, « Entreprise locale d’initiative au service de l’environnement ». Implantée à Wambrechies depuis 1997, la structure n’a rien d’un géant de papier...

Laissez parler les petits papiers
« Ne jetez plus d’emplois à la poubelle ! ». Directeur clairvoyant et éclairé, Alexis Pelluault ne mâche pas ses mots. « Ici, nous ne parlons pas d’économie solidaire et sociale. Nous en faisons... ». Et voilà bientôt huit ans que le concept fonctionne. L’idée ? Créer des emplois via la valorisation de la filière papiers et cartons. « En adoptant pour le papier usagé un schéma de recyclage et non plus d'incinération ou de mise en décharge, on multiplie par 5 le nombre d'emplois créés dans la filière traitement des papiers/cartons. La valorisation du papier est aujourd'hui une activité créatrice d'emplois autour de nouveaux métiers : valoriste, sur-trieur, etc. ». Un projet plutôt bien accueilli par les chefs d’entreprise mais qui a eu du mal malgré tout à s’imposer. « Au début, je prenais la camionnette le matin et j’allais rechercher les corbeilles chez les clients. L’après-midi, j’enfilais mon costume de lumière et je partais démarcher » se souvient celui-ci. Il a fallu convaincre. Doucement mais sûrement. En 2001, Elise est choisie suite à un appel d’offres de la Communauté urbaine pour le recyclage du papier. Aujourd’hui, avec le recul, l’entreprise qui compte une quarantaine de salariés répartis sur quatre sites, 900 clients et près de 95000 corbeilles distribuées peut se montrer optimiste.

Vocation sociale

« C’est Bruno Meura, le président de l’association, qui a eu le premier le déclic concernant le papier à recycler » confie Alexis Pelluault. « A l’époque, il dirigeait une agence de conseil en marketing direct et était déjà très branché protection de l’environnement. Il a rapidement monté un petit système de récupération de papiers en interne et comme le concept fonctionnait, il a décidé de se pencher un peu plus sur le sujet ».
Dès le début de l’aventure, les deux porteurs du projet souhaitaient faire de l’économie sociale et solidaire. « Nous nous sommes rapprochés des missions locales afin d’embaucher des gens abîmés par la vie : chômeurs longue durée, jeunes sans formation ou personnes qui n’ont pas la bonne couleur de peau. Notre objectif n’est pas de faire la charité. Les gens qui travaillent chez nous ont choisi d’apposer leurs signatures en bas du contrat et de se lever chaque matin pour venir travailler. C’est eux qui vont au charbon... ». Très vite, Alexis Pelluault et Bruno Meura ont voulu également embaucher des personnes qui présentaient un handicap physique ou une déficience mentale. « Quand nous avons commencé l’aventure, nous avions embauché un salarié sourd et muet. Tout le monde a pris des cours de langue des signes et tout s’est très bien passé. Il y a deux ans, nous avons voulu aller plus loin et nous avons créé une nouvelle entité : Armelle, afin d’embaucher des salariés qui souffrent d’un handicap ». Aujourd’hui, neuf personnes y travaillent et consacrent leurs temps à trier les corbeilles de papier selon un process bien précis.

Publié le 10-08-2006

Réagissez, commentez, ...
 
Les commentaires sont affichés après une validation par l'auteur de ce site. Seuls les commentaires liés au sujet de ce billet seront conservés.